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Secteur des déchets : face à la fin annoncée d’un modèle, l’urgence d’un sursaut collectif et citoyen

Une situation intenable

Ces derniers temps, le secteur des déchets subit de plein fouet des bouleversements qui mettent à mal son fonctionnement et son financement :

  • Des crises économiques, sociales, environnementales, sociétales et sanitaires ;
  • Des contraintes inédites mêlant effondrement des prix de revente des matériaux issus du recyclage et augmentation des coûts de traitement des déchets.

Les élus des structures gestionnaires constatent une augmentation sans précédent du coût de traitement des déchets en Gironde. Alors qu’ils élaborent les budgets 2021, une hausse du coût du traitement des déchets de près de 15 % par an leur est imposée qui se traduira sur la feuille d’impôt ou la redevance acquittée par les habitants de leurs territoires !

Cette hausse a pour première origine, la position quasi monopolistique de VEOLIA, détenteur et gestionnaire de pratiquement tous les sites de traitement des déchets de Gironde. Depuis 2019, Bordeaux Métropole a confié la gestion de ses deux incinérateurs (Bègles et Cenon) au groupe VEOLIA, propriétaire par ailleurs du site d’enfouissement de Lapouyade. Cette décision, le place en situation dominante sur un marché très restreint, lui permettant d’appliquer des augmentations de prix inédites, sans aucune concurrence : +40% d’augmentation sur 5 ans. Le rapport de la Chambre régionale de la Cour des Comptes le confirme : nos territoires payent le traitement de ses déchets trois fois plus cher que Bordeaux Métropole. Nos collectivités, communautés de communes et syndicats de traitement sont captifs d’un marché verrouillé et ce durant 7 ans.

Deuxièmement, les taxes sur le traitement (incinération ou enfouissement) des déchets vont subir également une forte augmentation sur les cinq prochaines années : x5 pour les tonnes incinérées et x4 sur les tonnes enfouies. En effet, le traitement est assujetti à la TGAP (Taxe Générale sur les Activités Polluantes) et le législateur a souhaité via cette augmentation importante, mobiliser les habitants et les collectivités en faveur d’une réduction massive des déchets ultimes.

Troisièmement, le monde des déchets subit une crise économique sans précédent. La baisse de la demande mondiale en matériaux issus du recyclage (papier recyclé, baisse des exportations des vins et Champagnes de France provoquant une baisse de la demande en verre recyclé etc.) impacte les recettes des collectivités et syndicats en charge de la gestion des déchets.

L’équation est simple : augmentation des dépenses et chute des recettes creusent un écart de plus en plus important que nos territoires et leurs habitants sont appelés à financer.

Pouvons-nous subir cette situation sans réagir ?
Non. Les élus des collectivités concernées ont donc saisi Madame la Préfète, le Président de Bordeaux Métropole et VEOLIA France afin de remédier à cette position commerciale dominante et désastreuse pour nos territoires et leurs habitants.

Mais, cela ne suffira pas. La solution d’avenir ne peut se limiter à cela !

Une nécessaire transformation

Le moment est venu d’engager des transformations fondamentales nécessaires à nos territoires et à leurs habitants.

Pourquoi ?

  • Nous n’avons plus les moyens de gérer une quantité sans cesse croissante de déchets, ce modèle est à bout de souffle ;
  • Notre responsabilité est de préserver les ressources naturelles et de tendre vers des modes de
  • consommation plus sobres, plus respectueux de l’environnement, moins impactant pour l’avenir ;
  • La société civile et à la puissance publique doivent s’emparer de cet enjeu.

Quelle voie pour répondre à ce défi ?

Une voie incontournable

Une seule le permet : la réduction massive des déchets. Pour « changer de modèle », il ne faut plus financer les conséquences subies, mais agir sur les causes. En diminuant les déchets produits, le coût du traitement baissera de fait. Chacun a un rôle à jouer, chaque partie doit prendre ses responsabilités pour diminuer la quantité de déchets : industriels, citoyens, collectivités, entreprises, associations etc.

Nous devons agir ensemble. Une dynamique citoyenne, collective doit se mobiliser, et la puissance publique s’y associer pour conduire ces transitions de manière juste et équilibrée, au bénéfice des Girondines et des Girondins, ruraux ou urbains.

Tribune Communiqué de presse Secteur des déchets : face à la fin annoncée d’un modèle, l'urgence d'un sursaut collectif et citoyen SMICOTOM 33

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